Le Doubs en mouvement : quand l'art et l'engagement prennent le pas cette semaine
12 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Doubs
Cette semaine dans le Doubs, les murs parlent, les écrans s’allument et les conversations s’engagent. Pas de routine ici : entre les clichés qui révèlent des architectures oubliées, les films qui bousculent les regards et les débats qui secouent les consciences, le territoire se fait scène à ciel ouvert. Et si l’on commençait par ce qui, cette fois, retient vraiment l’attention ?
Un festival de photographie qui déplace les lignes
À Besançon, le festival Grain d’Pixel s’installe pour deux jours seulement, mais avec une intensité rare. Le 2 octobre, le Club Photo Palente propose une plongée dans l’architecture, où chaque bâtiment devient prétexte à une réflexion sur la technique, la science et l’art. Pas de carte postale ici : les membres du club ont traqué les angles qui racontent une histoire, celle d’une ville qui se construit et se reconstruit sans cesse. Le lendemain, c’est Fiona Desert qui prend le relais avec Desire Machine. Son travail, entre burn-out et chaos électrique, interroge notre rapport au silence dans un monde saturé de bruit. Une exposition qui tombe à point nommé, alors que les Semaines d’Information sur la Santé Mentale s’ouvrent à Ornans le 5 octobre. Le musée Courbet et la Ferme Courbet deviendront, le temps de quelques jours, des lieux de médiation et de rencontre, où l’art se met au service du dialogue.
Ce qui frappe dans cette programmation, c’est sa capacité à lier l’intime et le collectif. Les photographies de Fiona Desert, par exemple, ne montrent presque jamais de visages : l’humain s’y devine, s’y efface, comme pour mieux nous renvoyer à notre propre place dans le monde. Une approche qui résonne avec les enjeux de santé mentale, où la parole se libère souvent dans l’entre-deux, entre présence et absence.
Quand le cinéma devient un acte politique
Le 12 octobre, Pontarlier et Morteau se transforment en salles obscures où les écrans projettent bien plus que des images. À Pontarlier, le Ciné-Club J. Becker mise sur un double pari : le cinéma d’animation et la Pologne comme pays invité. Une programmation qui promet de sortir des sentiers battus, entre héritage culturel et modernité. À Morteau, le cinéma Le Paris joue la carte de la diversité avec un cocktail de films d’auteurs et de productions franc-comtoises. L’idée ? Montrer que le 7e art peut être à la fois exigeant et populaire, sans sacrifier l’un à l’autre.
Mais c’est peut-être à Besançon que le cinéma prend tout son sens politique. La projection du film britannique NAZA, suivie d’un débat, s’annonce comme un moment fort. Tourné de nuit sur les toits de Tel Aviv, ce documentaire interroge les tensions d’un territoire en crise. Le choix de ce film, dans le contexte actuel, n’a rien d’anodin : il rappelle que le cinéma peut être un outil de compréhension, voire de résistance. Une façon de dire que les images, aussi belles soient-elles, ne sont jamais neutres.
Des lieux qui invitent à rester
Si les événements de la semaine captent l’attention, le Doubs regorge aussi de lieux qui méritent qu’on s’y attarde. L’Abbaye de Montbenoît, par exemple, est un joyau médiéval niché dans la République du Saugeais. Ses 42 stalles en bois sculpté et son cloître intact en font un témoignage rare de l’histoire religieuse locale. À quelques kilomètres de là, l’Abbaye Notre-Dame de la Grâce-Dieu offre une plongée dans l’univers cistercien, avec son église, son moulin et sa grange classés aux Monuments Historiques. Deux abbayes, deux époques, une même invitation à ralentir.
Pour ceux qui préfèrent l’air libre, le 2V Park d’Orchamps-Vennes est une pépite. Ce petit espace dédié au VTT, intégré en pleine forêt, permet de s’initier en douceur, loin des parcours trop techniques. Une façon de rappeler que le sport, ici, se vit avant tout comme une aventure accessible. Et si l’on veut allier marche et contemplation, la boucle Thise-Roche-Chalèze est idéale : entre canal du Rhône-Rhin et hangars de type Eiffel, le paysage se déploie comme une toile vivante.
Et demain ?
La semaine se clôt sur des questions qui dépassent le simple cadre des sorties. À Pontarlier, une conférence organisée par les Amis du Musée aborde un sujet brûlant : C’est ainsi que nos rivières meurent. Depuis les années 90, scientifiques et protecteurs de l’environnement alertent sur la dégradation des cours d’eau comtois. Le débat promet d’être vif, surtout dans un contexte où les tensions sur le logement – abordées lors d’une rencontre sur l’investissement locatif le même jour – rappellent que les enjeux environnementaux et sociaux sont souvent liés.
Cette semaine dans le Doubs, on ne se contente pas de regarder : on écoute, on discute, on s’engage. Et c’est peut-être ça, la vraie sortie.
Pour en savoir plus
- Festival de photographie Contemporaine - Grain d'Pixel - MJC Palente
- Festival photographie Besançon - Grain d'Pixel - ASEP
- Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts
- Exposition: "Deux regards sur la matière"
- Bourse aux jouets
- Festival de cinéma de Pontarlier
- Tous aux cinés !
- Investissement locatif dans le Haut-Doubs
- Conférence - C'est ainsi que nos rivières meurent
- Ciné débat - NAZA
- 2 V PARK
- A ciel ouvert & en boucle : Thise-Roche-Chalèze par le canal du Rhône-Rhin
- Abbaye et cloître de Montbenoit
- Abbaye Notre-Dame de la Grâce-Dieu