Dijon et ses alentours : quand l'art, la parole et le geste dessinent la semaine
12 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Bourgogne-Franche-Comté · Côte-d'Or
Cette semaine en Côte-d’Or, les propositions s’articulent autour d’un fil invisible : celui qui relie le regard porté sur le monde, qu’il soit artistique, scientifique ou simplement humain. Entre les murs de Dijon et les villages alentour, l’occasion est donnée de déplacer son point de vue, de questionner ses habitudes, ou simplement de partager un moment où la parole circule.
Un regard neuf sur la ville et sur soi
Dijon, souvent contemplée pour son patrimoine architectural, se prête cette semaine à une relecture plus intime. La visite "D’hier à aujourd’hui : un regard photographique sur Dijon", organisée par la Ville d’Art et d’Histoire et la Bibliothèque municipale, promet de révéler des strates méconnues de la cité. En croisant les fonds photographiques anciens avec des prises de vue contemporaines, les intervenants invitent à observer les mutations urbaines sous un angle à la fois historique et sensible. Un rendez-vous qui tombe à point nommé pour ceux qui pensent connaître la ville par cœur, et qui pourraient bien y découvrir des détails passés inaperçus.
À quelques kilomètres de là, à Châtillon-sur-Seine, le Pr. Jean-Paul Gaillard propose une conférence intitulée "Comprendre les enfants d’aujourd’hui". Psychanalyste et thérapeute familial, il s’appuie sur vingt années de recherche pour décrypter les transformations sociétales qui influencent les jeunes générations. Sans jargon ni recette miracle, cette intervention s’adresse à tous ceux – parents, éducateurs, ou simples curieux – qui cherchent à saisir les enjeux d’une époque où les repères traditionnels vacillent. Une occasion rare d’écouter un spécialiste dont les travaux font autorité, loin des débats superficiels.
Quand le geste créatif devient un acte engagé
À Darcey, deux ateliers proposés le même jour offrent une alternative concrète à la surconsommation. Le premier, "Atelier ZD : apprendre à fabriquer ses produits ménagers", s’inscrit dans le cadre d’Octobre Rose et lie utilité quotidienne et solidarité. En apprenant à composer lessives et détergents maison, les participants réduisent leur empreinte écologique tout en soutenant la recherche contre le cancer – 10 % des recettes étant reversées à cette cause. Une démarche qui rappelle que les petits gestes, multipliés, peuvent avoir un impact bien au-delà de nos cuisines.
Dans le même esprit, mais tourné vers l’alimentation, l’"Atelier cuisiner les légumes autrement" propose de redécouvrir ces ingrédients souvent relégués au second plan. Au programme : techniques de cuisson originales, associations de saveurs inattendues, et une réflexion sur la saisonnalité. L’atelier se conclut par un repas partagé, transformant la cuisine en un lieu d’échange où l’on parle autant avec les mains qu’avec les mots. Une parenthèse gourmande qui pourrait bien changer durablement nos habitudes de table.
Le corps en mouvement, la parole en partage
Si un événement mérite d’être mis en avant cette semaine, c’est bien "Essaim patron", dernière création de la compagnie chorégraphique Morula. Après une première au festival Entre cour et Jardins, la pièce investit l’Atrium du Dancing jusqu’au 12 octobre. Le titre, évocateur, suggère une exploration du collectif et de l’individu, du mouvement et de l’immobilité. Sans avoir vu la chorégraphie, on peut imaginer que la compagnie, connue pour son travail sur les dynamiques de groupe, y interroge notre rapport aux hiérarchies et aux normes sociales. Une proposition audacieuse, qui sort des sentiers battus de la danse contemporaine.
À Semur-en-Auxois, l’association SPI organise une rencontre autour de la santé mentale, dans le cadre des Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM). Intitulée "Parlons Santé mentale", cette initiative vise à briser les tabous autour des troubles psychiques, de l’isolement et de la stigmatisation. À travers des supports variés et des échanges informels, l’idée est de créer un espace où chacun peut s’exprimer sans crainte du jugement. Dans un contexte où les questions de santé mentale gagnent en visibilité, mais où les préjugés persistent, ces moments de dialogue sont précieux.
Des escapades pour clore la semaine
Le week-end s’annonce propice aux découvertes plus légères. À Pouilly-en-Auxois, la "Croisière de la voûte" offre une perspective inédite sur le canal de Bourgogne. Perché au sommet de l’ouvrage, on découvre l’histoire des mariniers et les défis techniques de cette voie d’eau, tout en profitant d’un paysage qui se déploie sous un angle inhabituel. Une façon de prendre de la hauteur, au sens propre comme au figuré.
Pour ceux qui préfèrent garder les pieds sur terre, le "Thé dansant à Meursault" promet un moment de convivialité sans chichis. Organisé par l’Amicale Murisaltienne du Quartier de l’Hôpital, ce rendez-vous mensuel rassemble habitués et nouveaux venus autour de la musique et de la danse. L’ambiance y est décontractée, et l’accent mis sur le plaisir simple de partager un après-midi en mouvement. Une parenthèse qui rappelle que la danse, avant d’être un spectacle, est d’abord un langage universel.
Autour de ces rendez-vous : des lieux à explorer sans hâte
Si ces propositions éphémères piquent votre curiosité, la Côte-d’Or regorge aussi de lieux où l’on peut flâner à son rythme. À Commarin, "À Deux Mains Tenant" est une adresse à retenir pour qui cherche des objets uniques, mêlant céramique, bois et résine. Les créations d’Anne-Virginie Pouille et de son associée allient esthétique et fonctionnalité, avec une touche de poésie discrète. À quelques kilomètres de là, à Grancey-le-Château-Neuvelle, "À l’ouest de la lune" séduit par ses émaux sur cuivre et acier. Les pièces de l’émailleuse, entre bijoux et objets de décoration, évoquent un univers onirique où la matière se fait support de rêves.
Pour les amateurs d’histoire, l’abbatiale de Saint-Seine-l’Abbaye et l’abbaye de Bèze offrent deux plongées dans le passé médiéval de la région. La première, de style gothique bourguignon, impressionne par ses proportions et ses détails architecturaux, tandis que la seconde, fondée au VIIe siècle, est l’une des plus anciennes abbayes de Bourgogne. Deux sites où le temps semble suspendu, et où l’on peut encore entendre l’écho des siècles passés.
Pour en savoir plus
- D'hier à aujourd'hui : un regard photographique sur Dijon
- Octobre Rose - Atelier ZD apprendre à fabriquer ses produits ménagers
- Essaim patron
- Conférence "Comprendre les enfants d'aujourd'hui"
- Atelier cuisiner les légumes autrement
- Croisière de la voûte
- Thé dansant à Meursault
- Customisation d un pot de fleurs
- SISM " Parlons Santé mentale"
- NAZA
- A Deux Mains Tenant
- A l'ouest de la lune
- Abbatiale
- Abbaye de Bèze